Reims, devenue un archevêché, rayonne. Mais lépoque reste chahutées. La Terre est encore jeune... Une période de troubles en suit une autre. Rois, reines, ducs, aux noms presquoubliés par lHistoire se taillent de larges tranches de territoires avant de disparaître dans les tourmentes. Charlemagne ne fait pas lunité de la Champagne - ni de lArdenne -, préférant Aix-la-Chapelle. Mais son fils, Louis 1er, en se faisant sacrer à Reims en 816, marque le début dune longue série de monarques de France qui viendront recevoir lonction dans la cité dite des Sacres.
Cest aussi le moment où les Maîtres Bâtisseurs vont donner leur pleine mesure. Les lieux de culte, fortifiés pour certains, particulièrement dans les Ardennes, se parent de beaux atours sous les ciseaux des tailleurs de pierre.
Le style roman, assez dépouillé, va petit à petit faire place à lart gothique, plus ouvert et plus resplendissant.
Le Moyen-Age défile, avec sa triste cohorte de guerres, de famines et dépidémies. Mais la foi soulève des montagnes de rocs qui deviennent cathédrales : à Reims, sur les ruines de deux précédentes églises détruites, Notre-Dame (lun des chefs-doeuvre du gothique flamboyant), à Troyes, Saint-Pierre et Saint-Paul, à Châlons-en-Champagne, Saint-Etienne, à Langres, Saint-Mammès... partout, et jusque dans les villages, la région concrétise sa foi.
Le royaume connaît des fortunes diverses. Lune, mauvaise, durera environ un siècle et demeurera dans les mémoires comme guerre de cent ans. Elle oppose anglais et français. Jeanne dArc apparaît pour faire sacrer - dans la cathédrale de Reims - le roi Charles VII en 1429, avant de rencontrer son destin et un bûcher à Rouen...